Suspension Shibari : 10 règles essentielles de sécurité
Les 10 règles essentielles pour une suspension Shibari plus sûre
La suspension Shibari est une pratique aussi esthétique qu’exigeante. Elle demande de la précision, de l’expérience, une bonne connaissance du corps et une attention constante portée à la personne attachée.
Contrairement au travail au sol, une suspension implique que tout ou partie du poids du corps soit soutenu par les cordes. Les contraintes exercées sur le corps, les attaches, le matériel et le point de suspension sont donc beaucoup plus importantes.
Il est essentiel de rappeler qu’aucune suspension Shibari n’est totalement sans risque. Une bonne préparation, une formation sérieuse, du matériel adapté et une communication permanente permettent cependant de réduire ces risques.
Voici les 10 règles essentielles à respecter pour pratiquer la suspension Shibari de manière plus consciente et plus sûre.
1. Se former avant de pratiquer la suspension Shibari
La suspension ne doit jamais être improvisée.
Savoir réaliser quelques nœuds ou reproduire un harnais vu sur une vidéo ne suffit pas pour suspendre une personne. Cette pratique nécessite des connaissances précises sur la construction des attaches, la répartition des tensions, la gestion des lignes de suspension et les procédures de descente.
Avant d’envisager une suspension complète, il est recommandé de maîtriser les bases du Shibari au sol, notamment :
- les nœuds fondamentaux ;
- la gestion des tensions ;
- le placement des cordes ;
- la construction de harnais adaptés ;
- la communication avec la personne attachée ;
- les procédures permettant de libérer rapidement la personne.
Une formation auprès d’un enseignant expérimenté permet également d’apprendre à reconnaître les erreurs qui ne sont pas toujours visibles sur une photo ou une vidéo.
2. Communiquer avant, pendant et après la séance
La communication constitue l’un des principaux éléments de la sécurité en Shibari.
Avant la séance, prenez le temps de discuter des attentes, des limites, des craintes et de l’expérience de chacun. Il est également important de connaître l’état physique et émotionnel de la personne qui va être attachée.
Pendant la suspension, la communication doit rester active. La personne qui attache doit régulièrement vérifier les sensations, le confort, la respiration et la capacité à bouger certaines parties du corps.
Après la descente, un échange permet de comprendre ce qui a été agréable, inconfortable ou difficile. Ce retour d’expérience aide les deux partenaires à progresser et à mieux préparer les prochaines séances.
3. Obtenir un consentement clair et continu
Le consentement doit être libre, éclairé et exprimé clairement.
Il ne s’agit pas simplement d’obtenir un accord général pour pratiquer le Shibari. La personne attachée doit comprendre ce qui est prévu, les positions envisagées, les principales contraintes et les risques associés à la suspension.
Le consentement peut évoluer pendant la séance. Une personne peut accepter une position, puis souhaiter être redescendue quelques instants plus tard.
Un changement d’avis doit toujours être respecté immédiatement, sans discussion ni pression. La confiance repose notamment sur la certitude de pouvoir arrêter l’expérience à tout moment.
4. Vérifier les cordes et le matériel Shibari
Avant chaque suspension, l’ensemble du matériel doit être contrôlé.
Les cordes Shibari ne doivent présenter aucune zone anormalement usée, coupée, fragilisée ou endommagée. Une corde peut sembler encore utilisable tout en ayant perdu une partie de sa résistance.
Les mousquetons, anneaux, sangles, poulies et autres accessoires doivent également être adaptés à leur utilisation. Ils doivent être en bon état, correctement fermés et utilisés dans le bon sens.
Le point de suspension mérite une attention particulière. Un crochet décoratif, une barre de rideau, un meuble ou une fixation dont la résistance est inconnue ne doivent jamais être utilisés pour supporter une personne.
En cas de doute sur la solidité d’un point d’ancrage, il est nécessaire de demander l’avis d’un professionnel compétent.
5. Préparer soigneusement l’espace de pratique
Une séance de suspension Shibari commence bien avant la pose de la première corde.
L’espace doit être suffisamment dégagé pour permettre à la personne qui attache de circuler et d’intervenir rapidement. Aucun meuble, objet coupant ou obstacle ne doit se trouver sous ou autour de la zone de suspension.
Les cordes et les accessoires doivent être préparés à l’avance et rester facilement accessibles. Il est également indispensable de disposer de ciseaux de sécurité capables de couper rapidement les cordes en cas de nécessité.
La procédure de descente doit être pensée avant de soulever la personne. Il faut toujours savoir comment la redescendre rapidement, même si elle ne peut plus participer activement ou maintenir sa position.
6. Commencer progressivement et rester près du sol
Une suspension complète ne devrait jamais constituer la première étape d’un apprentissage.
Il est préférable de commencer par travailler les attaches au sol, puis d’introduire progressivement des transferts de poids et des suspensions partielles. Cela permet d’observer la réaction du corps et de corriger les tensions avant que l’ensemble du poids soit placé dans les cordes.
Lors des premières suspensions, restez à faible hauteur. Il n’est pas nécessaire de suspendre une personne loin du sol pour travailler une position ou ressentir les effets d’une mise en tension.
Une faible hauteur facilite également une descente rapide et limite les conséquences d’un éventuel problème technique.
7. Rester constamment attentif au corps
La personne qui attache doit observer le corps pendant toute la durée de la suspension.
Il faut notamment rester attentif :
- à la respiration ;
- aux changements de couleur de la peau ;
- aux extrémités froides ;
- aux sensations inhabituelles ;
- à la mobilité des mains et des pieds ;
- à la capacité de parler clairement ;
- à l’état général de la personne.
La personne attachée doit être encouragée à signaler immédiatement toute douleur, sensation électrique, brûlure, perte de force ou engourdissement.
La difficulté est que certaines personnes peuvent être très concentrées, émotionnellement absorbées ou moins conscientes de leur corps pendant une séance. L’observation de la personne qui attache ne doit donc jamais être remplacée uniquement par la communication verbale.
8. Ne jamais ignorer un signal d’alerte
Une douleur inhabituelle ou un changement soudain de sensation doit toujours être pris au sérieux.
Les signaux d’alerte peuvent notamment inclure :
- un engourdissement ;
- des fourmillements ;
- une douleur électrique ;
- une sensation de brûlure ;
- une perte de force ;
- une difficulté à bouger les doigts ou les pieds ;
- une main ou un pied anormalement froid ;
- un changement important de couleur de la peau ;
- des vertiges ;
- des nausées ;
- un malaise ;
- une difficulté à respirer.
Face à l’un de ces symptômes, il ne faut pas attendre pour voir si la situation s’améliore. La tension doit être retirée et la personne redescendue rapidement et de manière contrôlée.
La priorité reste toujours la sécurité, même si cela implique d’interrompre une figure, une photographie ou une performance.
9. Ne jamais laisser une personne suspendue seule
Une personne suspendue ne doit jamais être laissée sans surveillance.
La personne qui attache doit rester suffisamment proche pour observer, communiquer et intervenir immédiatement. Elle ne doit pas quitter la pièce, s’éloigner pour chercher du matériel ou se concentrer uniquement sur la réalisation de photos.
Même une suspension qui semble stable peut évoluer. Une corde peut se déplacer, une position peut devenir plus difficile à supporter ou un malaise peut survenir rapidement.
Pour les suspensions complexes, les performances ou les séances photographiques, la présence d’une deuxième personne expérimentée peut apporter une sécurité supplémentaire.
10. Faire passer la sécurité avant l’esthétique
Le Shibari est souvent recherché pour son esthétique, sa précision et la beauté des lignes créées par les cordes. Cependant, une position visuellement réussie n’est pas nécessairement une position adaptée ou confortable pour la personne attachée.
Chaque corps est différent. Une figure facilement supportée par une personne peut être impossible ou dangereuse pour une autre.
Il est donc essentiel d’adapter les attaches à la morphologie, à la mobilité, à l’expérience et aux sensations du partenaire. Il ne faut jamais forcer un corps à reproduire exactement une image ou poursuivre une position uniquement pour obtenir une photographie.
Une suspension réussie n’est pas celle qui semble la plus impressionnante. C’est celle dans laquelle la technique, la communication, l’écoute et le respect du corps restent présents du début à la fin.
Le matériel ne remplace jamais la formation
Posséder de bonnes cordes Shibari, des mousquetons solides et un point de suspension fiable est indispensable, mais cela ne garantit pas une pratique sûre.
La sécurité dépend avant tout de la capacité à utiliser correctement ce matériel, à anticiper les difficultés et à réagir rapidement lorsqu’un problème apparaît.
Les cordes et les accessoires sont des outils. La connaissance, l’expérience et la vigilance restent les véritables fondations de la suspension Shibari.
Après la suspension : prendre le temps d’observer et d’échanger
La séance ne s’arrête pas au moment où les cordes sont retirées.
Après une suspension, la personne peut avoir besoin de quelques minutes pour retrouver ses sensations, se réchauffer ou simplement revenir progressivement à un état plus ordinaire.
Prenez le temps de vérifier sa mobilité, son état émotionnel et l’absence de douleur persistante. Une perte de sensibilité, une faiblesse ou une douleur inhabituelle qui continue après la séance ne doit pas être banalisée et peut nécessiter un avis médical.
Cet échange après la pratique permet également d’améliorer les futures séances et de renforcer la confiance entre les partenaires.
Conclusion : pratiquer la suspension Shibari avec responsabilité
La suspension Shibari ne se résume pas à soulever un corps à l’aide de cordes. Elle repose sur une préparation rigoureuse, une technique maîtrisée, une communication permanente et une profonde attention portée à l’autre.
Retenez ces principes essentiels :
- formez-vous avant de suspendre ;
- utilisez du matériel adapté et vérifié ;
- préparez toujours une solution de descente ;
- commencez progressivement et près du sol ;
- surveillez continuellement la personne attachée ;
- arrêtez immédiatement au moindre signal d’alerte ;
- ne laissez jamais une personne suspendue seule ;
- placez toujours la sécurité avant l’esthétique.
Aucune suspension n’est totalement sans risque. La formation, l’écoute, l’humilité et la vigilance restent les meilleures protections pour pratiquer le Shibari de manière plus responsable.