Pourquoi autant de personnes rencontrent des difficultés en découvrant le Shibari ?
Débuter le Shibari : les difficultés les plus fréquentes et comment progresser
Découvrir le Shibari peut sembler simple au premier abord : quelques cordes, des nœuds, des harnais et des images inspirantes trouvées sur les réseaux sociaux.
Dans la pratique, l’apprentissage est souvent beaucoup plus riche et complexe.
Il ne s’agit pas seulement de mémoriser des techniques. Il faut progressivement apprendre à gérer la tension des cordes, le placement, la sécurité, mais aussi la communication, l’attention portée au partenaire et ses propres réactions.
Si vous découvrez cet univers, vous pouvez également consulter notre espace consacré aux débutants en Shibari, qui regroupe du matériel et des ressources adaptés aux premières pratiques.
1. La peur de faire mal à son partenaire
L’une des premières difficultés lorsqu’on commence le Shibari est souvent la crainte de provoquer une douleur ou une gêne involontaire.
On peut notamment se demander :
- Est-ce que ma corde est trop serrée ?
- Est-ce que cette tension est correcte ?
- Est-ce que cette position est confortable ?
- Est-ce que je place correctement mes cordes ?
- Comment savoir si je dois arrêter ou modifier l’attache ?
Ces interrogations sont légitimes. Elles rappellent surtout qu’apprendre le Shibari ne consiste pas simplement à reproduire un nœud ou une figure observée dans une vidéo.
Il est nécessaire de développer progressivement une compréhension du corps, du placement des cordes, des tensions et des réactions de son partenaire.
La communication doit rester présente pendant toute la séance. Une douleur inhabituelle, une perte de sensibilité ou une sensation inquiétante doit toujours être prise au sérieux.
Pour approfondir cette question, vous pouvez lire notre article consacré aux marques de corde, à la tension et à la sécurité en Shibari.
2. Le Shibari est plus technique qu’il n’en a l’air
Observer une personne expérimentée attacher peut donner une impression de simplicité et de fluidité.
Mais pendant une séance, plusieurs éléments doivent être gérés simultanément :
- le passage de la corde ;
- la tension ;
- le positionnement des brins ;
- la posture du partenaire ;
- la fluidité des mouvements ;
- la communication ;
- la sécurité.
Lors des premières séances, devoir penser à tout en même temps peut rapidement créer une forme de surcharge.
On cherche le bon passage de corde, on oublie sa tension, on perd le fil de l’attache ou on se concentre tellement sur la technique que l’on en oublie momentanément la personne devant soi.
Cela fait partie de l’apprentissage.
Avec la répétition, certains gestes demandent progressivement moins d’attention consciente. Il devient alors plus facile de consacrer davantage d’attention à son partenaire, à son corps et à la qualité globale de la séance.
3. Vouloir progresser trop vite
Les images de Shibari les plus visibles en ligne mettent souvent en avant des attaches très élaborées, des performances artistiques ou des suspensions spectaculaires.
Elles montrent beaucoup moins toutes les heures consacrées auparavant aux fondamentaux.
Lorsqu’on débute, il peut donc être tentant de vouloir rapidement reproduire :
- des harnais complexes ;
- des figures avancées ;
- des transitions ;
- des suspensions.
Pourtant, une progression structurée permet d'abord de développer des compétences beaucoup plus fondamentales :
- maintenir une tension régulière ;
- placer correctement les cordes ;
- construire une attache propre et lisible ;
- observer les réactions du partenaire ;
- communiquer pendant l’attache ;
- savoir interrompre une technique lorsque cela devient nécessaire.
Pour commencer progressivement, la rubrique Shibari débutant a justement été pensée pour les personnes qui découvrent la pratique.
4. La communication devient une véritable compétence
Le Shibari se pratique généralement à deux. La communication ne constitue donc pas simplement un élément supplémentaire de la séance : elle participe directement à sa construction.
Avant et pendant une pratique, il faut pouvoir parler de sujets parfois inhabituels :
- ce que l’on souhaite explorer ;
- ce que l’on ne souhaite pas ;
- ses limites ;
- ses sensations ;
- une douleur ou une gêne ;
- le besoin de ralentir ou d’arrêter.
Dire « non », « moins fort », « attends » ou « arrêtons » doit pouvoir faire partie naturellement de l’échange.
De la même manière, la personne qui attache doit apprendre à ne pas attendre uniquement une alerte verbale. Observer la respiration, les changements de posture, les réactions corporelles et rester régulièrement en contact avec son partenaire participent à une pratique attentive.
Une séance de Shibari peut ainsi mettre en évidence certaines habitudes de communication entre deux personnes : la facilité à exprimer une limite, à demander quelque chose ou simplement à écouter sans chercher immédiatement à interpréter.
Si ce sujet vous intéresse particulièrement, vous pouvez également découvrir notre article sur le Shibari et la communication dans le couple.
5. Apprendre à être présent plutôt que simplement « réussir » son attache
Au début, l’objectif est souvent très concret :
« Je veux réussir ce harnais. »
Cette logique est compréhensible, surtout lorsqu’on apprend une nouvelle technique.
Mais une attache techniquement réussie ne suffit pas nécessairement à créer une séance intéressante.
À mesure que l’on progresse, une autre question peut apparaître :
Que se passe-t-il entre mon partenaire et moi pendant que j’attache ?
Cela change progressivement la manière de pratiquer.
La corde cesse d’être uniquement un moyen d’arriver à une figure finale. Le rythme, les silences, les tensions, les déplacements et les réactions du partenaire deviennent eux aussi une partie de l’expérience.
C’est souvent à ce moment-là que la technique commence réellement à se mettre au service de la relation.
6. Les émotions peuvent prendre une place inattendue
Le Shibari implique le corps, la proximité, la confiance et parfois une forme de vulnérabilité. Il n’est donc pas surprenant qu’une séance puisse provoquer des réactions émotionnelles différentes de celles qui avaient été imaginées au départ.
Selon les personnes et les situations, cela peut notamment concerner :
- l’appréhension ;
- la difficulté à déléguer une partie du contrôle ;
- le sentiment de responsabilité lorsqu’on attache ;
- la vulnérabilité ;
- la confiance ;
- la difficulté à exprimer ce que l’on ressent.
Ces réactions ne doivent pas être interprétées automatiquement comme ayant une signification particulière.
Elles peuvent simplement être accueillies, discutées et replacées dans le contexte de la personne et de la séance.
C’est aussi une raison supplémentaire de ne pas limiter le Shibari à une succession de techniques.
7. Choisir des cordes adaptées facilite réellement l’apprentissage
Le choix du matériel ne remplacera jamais l’apprentissage technique, mais une corde adaptée rend les premiers gestes beaucoup plus agréables à travailler.
Une corde de Shibari doit notamment permettre une prise en main cohérente avec la pratique envisagée.
Pour débuter, les cordes de 8 mètres sont particulièrement courantes et permettent déjà de travailler de nombreuses attaches.
Sur la Boutique du Shibari, vous trouverez différentes cordes de Shibari sélectionnées en fonction de leur utilisation et de leurs caractéristiques.
Si vous ne savez pas encore quoi choisir, l'espace Shibari débutant permet de retrouver directement les cordes, kits et accessoires les plus adaptés à une première approche.
8. Apprendre uniquement avec Internet a ses limites
Internet offre aujourd’hui un accès considérable à des photos, vidéos, tutoriels et démonstrations de Shibari.
C’est une ressource précieuse, mais tous ces contenus ne répondent pas au même objectif.
Une photographie artistique montre un résultat.
Une démonstration montre un geste.
Un véritable contenu pédagogique doit également expliquer pourquoi ce geste est réalisé ainsi, dans quel contexte il peut être utilisé et quelles précautions l’accompagnent.
Lorsque l’apprentissage se fait uniquement en accumulant des tutoriels indépendants, il peut également devenir difficile de savoir dans quel ordre progresser.
Les bases sont alors parfois survolées au profit de techniques visuellement plus intéressantes.
9. Un cours permet surtout de corriger ce que l’on ne voit pas soi-même
L'intérêt d'un accompagnement ne consiste pas seulement à apprendre de nouvelles figures.
Un regard extérieur permet notamment d’observer :
- une tension irrégulière ;
- un placement perfectible ;
- un mouvement inutilement compliqué ;
- une mauvaise gestion de la corde ;
- un manque de communication avec le partenaire ;
- une habitude que l’on ne remarque plus soi-même.
C’est précisément l’approche que je privilégie lors de mes cours privés de Shibari à Paris.
Le cours est adapté au niveau et aux objectifs de chaque personne : première découverte, correction des fondamentaux, travail d’une technique particulière ou progression vers une pratique plus avancée.
10. Avec le temps, le Shibari ne se résume plus aux cordes
Lorsqu’on commence, la progression est facilement mesurable : connaître un nouveau nœud, réussir un harnais, mieux gérer sa tension ou mémoriser une séquence.
Mais avec l’expérience, d’autres compétences prennent progressivement davantage de place :
- l’écoute ;
- la communication ;
- la patience ;
- la capacité d’adaptation ;
- la qualité de présence ;
- la compréhension de son partenaire.
La technique reste essentielle, mais elle devient progressivement un langage plutôt qu’une finalité.
Les cordes deviennent un outil. Ce qui se construit avec elles dépend surtout des personnes qui les utilisent.
Le véritable apprentissage commence parfois au-delà des cordes
C’est précisément cette évolution de ma propre pratique qui m’a amené, après des années consacrées au Shibari et à son enseignement, à m’intéresser de plus en plus à ce qui se passe autour de la corde.
Comment construisons-nous la confiance ?
Comment exprimons-nous une limite ?
Comment interprétons-nous les réactions de l’autre ?
Qu’est-ce que notre manière d’attacher, d’être attaché ou de communiquer peut révéler de nos habitudes relationnelles ?
En parallèle du Shibari, mon parcours en Programmation Neuro-Linguistique (PNL) m’a donné un autre cadre pour réfléchir aux questions de communication, de perception et de relation.
De la rencontre entre ces deux univers est né :
Shibari & PNL : Au-delà des cordes
Ce projet devait initialement prendre la forme d’un livre papier accompagné d’une campagne de financement participatif.
La campagne n’ayant pas atteint son objectif, j’ai choisi de poursuivre le projet autrement.
« Shibari & PNL : Au-delà des cordes » sera donc proposé dans un premier temps sous forme d’ebook.
Le propos reste le même : il ne s’agit pas d’un nouveau manuel destiné à accumuler davantage de techniques ou de figures.
Il s’agit d’explorer ce qui se passe entre deux personnes lorsque la corde devient un moyen de communication : confiance, consentement, perceptions, émotions, présence, limites et compréhension de l’autre.
L’ebook est actuellement en préparation. Sa sortie sera annoncée prochainement sur la Boutique du Shibari.
En attendant, pour poursuivre votre découverte du Shibari
Vous pouvez :
Apprendre le Shibari demande du temps.
Les premiers progrès passent par les nœuds, la tension et la maîtrise de la corde.
Mais les années de pratique peuvent ensuite ouvrir un champ beaucoup plus vaste.
Parce qu’au-delà des cordes, il reste toujours deux personnes qui apprennent à communiquer.
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