Le nouveau livre de Seb Kinbaku
Shibari & PNL
Au-delà des cordes
Un livre sur ce qui se joue avant, pendant et après les cordes : la confiance, le consentement, l’écoute, les limites, les émotions et la qualité de la relation.
Le véritable sujet, c’est le lien
Les cordes rendent visibles nos mécanismes relationnels.
Avec les années, j’ai compris que la technique ne suffisait pas. Tu peux connaître de nombreuses techniques de Shibari et passer à côté de la personne que tu attaches. Tu peux aussi exécuter quelque chose de très simple et créer, par la qualité de ta présence, une expérience profondément marquante.
Ce livre est né de cette observation. Il ne t’impose pas une vérité : il t’invite à regarder autrement ta pratique.
« Une corde peut être techniquement parfaite. La relation, elle, ne l’est jamais automatiquement. »
La carte t’a conduit jusqu’ici
Cinq questions pour regarder ta pratique autrement
Lecture gratuite
Chapitre 1 — Avant la première corde
Le premier chapitre est offert intégralement. Prends le temps de le lire, puis reviens aux cinq questions de la carte.
Lire le chapitre offert
Une séance peut être techniquement préparée tout en étant humainement improvisée.
Les cordes sont prêtes. L’espace est dégagé. La figure de Shibari envisagée est connue. Pourtant, les deux personnes n’ont pas toujours pris le temps de parler de ce qu’elles souhaitent réellement vivre.
Cette conversation préalable peut sembler moins attirante que la pratique. Certains la considèrent comme une formalité à accomplir rapidement. D’autres craignent qu’un échange trop précis fasse disparaître la spontanéité.
Mais créer un cadre ne signifie pas écrire à l’avance chaque seconde de la séance.
Il s’agit plutôt de définir un espace dans lequel l’improvisation devient possible sans reposer entièrement sur des suppositions. Lorsque les intentions, les limites et les moyens de communication sont suffisamment clairs, chacun peut être plus disponible à ce qui se passe réellement.
La première responsabilité ne consiste donc pas à choisir une figure.
Elle consiste à comprendre qui se trouve devant nous et ce que nous sommes en train de décider ensemble.
1. Définir son intention
Pourquoi souhaites-tu pratiquer ?
La question paraît simple. Pourtant, la réponse ne l’est pas toujours.
Nous pouvons avoir envie d’attacher parce que nous aimons la technique, l’esthétique, la sensation de guider, la créativité ou la relation qui se construit. Nous pouvons souhaiter être attachés pour ressentir les cordes, ralentir, nous abandonner temporairement, explorer notre corps, nous confronter à une difficulté ou simplement découvrir quelque chose de nouveau.
Plusieurs intentions peuvent coexister au cours d’une même séance.
Le problème n’est pas d’avoir plusieurs motivations. Il apparaît lorsque nous n’en avons pas conscience ou lorsque nous supposons que l’autre recherche exactement la même chose.
Pourquoi souhaites-tu pratiquer ?
Avant une séance, il peut être utile de prendre quelques instants pour compléter intérieurement cette phrase :
Aujourd’hui, j’ai envie de pratiquer parce que…
La réponse peut être très simple :
- j’ai envie de partager un moment avec cette personne ;
- je souhaite travailler une technique ;
- j’ai besoin de ralentir ;
- je veux créer des images ;
- j’ai envie de guider ;
- je souhaite ressentir une forme de contrainte ;
- j’ai besoin de me reconnecter à mon corps ;
- je suis curieux de découvrir une nouvelle sensation ;
- j’ai envie d’explorer une dynamique particulière.
Aucune réponse ne garantit à elle seule une bonne séance. L’objectif est simplement de rendre plus visible ce qui nous motive.
Il est également possible de ne pas savoir précisément ce que tu recherches. Dans ce cas, reconnaître cette incertitude est déjà une information importante.
Tu peux dire : « Je ne sais pas encore exactement ce que j’ai envie de vivre. Je souhaite découvrir progressivement et pouvoir ajuster au fur et à mesure. »
Cette réponse est plus honnête et plus utile qu’une intention artificiellement précise.
Créer, ressentir, guider, recevoir ou explorer
Certaines personnes sont principalement attirées par la création. Elles aiment les lignes, les formes, les volumes et la transformation visuelle du corps. Pour elles, les cordes deviennent un matériau artistique.
D’autres cherchent avant tout à ressentir. La pression, la texture, l’immobilité ou les changements de posture occupent une place centrale dans leur expérience.
Certaines personnes souhaitent guider. Elles apprécient la responsabilité, la prise de décision et la manière dont leurs gestes influencent progressivement le corps et l’état de leur partenaire.
D’autres souhaitent recevoir. Elles recherchent un espace dans lequel elles n’ont pas à tout organiser, tout anticiper ou tout décider.
Enfin, certaines séances sont principalement exploratoires. Les deux personnes ne cherchent pas un résultat défini, mais souhaitent découvrir ce qui peut émerger de la rencontre.
Ces orientations ne correspondent pas à des catégories fixes. Une personne peut vouloir guider tout en restant profondément attentive aux propositions corporelles de son partenaire. Une autre peut recevoir les cordes sans devenir passive. Une séance créative peut également être sensorielle, relationnelle ou émotionnelle.
L’essentiel est de pouvoir parler de l’orientation générale de l’expérience.
Si l’une des personnes veut principalement produire de belles photographies tandis que l’autre recherche une expérience intérieure, leurs attentes peuvent entrer en conflit. Ce conflit n’est pas inévitable, mais il doit pouvoir être identifié.
Intention personnelle et objectif technique
L’intention répond à la question : Quelle expérience souhaitons-nous créer ?
L’objectif technique répond à une autre question : Qu’allons-nous essayer de réaliser ?
Les deux peuvent se rejoindre, mais ils ne doivent pas être confondus.
Réaliser un harnais, travailler une transition ou explorer une suspension partielle constitue un objectif technique. Créer une expérience rassurante, développer la confiance ou jouer avec une perte progressive de mobilité constitue une intention.
Un objectif technique peut être réussi alors que l’intention relationnelle est manquée.
À l’inverse, l’objectif technique peut être abandonné parce qu’il ne correspond plus à l’état de la personne, tandis que l’intention initiale reste pleinement respectée. Renoncer à une figure de Shibari n’est donc pas nécessairement un échec. Cela peut représenter la décision la plus cohérente avec la séance.
Supposons que ton objectif soit de travailler une transition. Au cours de la pratique, tu constates que ton partenaire est fatigué, moins disponible ou inconfortable. Tu peux choisir de simplifier, de revenir au sol ou d’arrêter.
L’objectif technique a changé.
Ton intention de rester présent et de prendre soin de la relation, elle, a été respectée.
Définir son intention ne sert pas à contrôler la séance. Cela permet de disposer d’une direction lorsque des choix doivent être faits.
2. Comprendre les attentes
Une intention appartient d’abord à la personne qui la formule.
Une attente concerne ce que nous imaginons obtenir de la situation ou de l’autre.
Nous pouvons attendre qu’une séance soit douce, intense, esthétique, sensuelle, exigeante ou libératrice. Nous pouvons espérer que notre partenaire prenne beaucoup d’initiatives ou, au contraire, qu’il nous consulte régulièrement.
Certaines attentes sont clairement exprimées.
D’autres restent silencieuses.
Ce sont souvent ces dernières qui créent les malentendus les plus importants.
Ce que chacun imagine de la séance
Avant même de commencer, chacun construit mentalement une représentation de ce qui va se passer.
Cette représentation peut être influencée par des expériences précédentes, des photographies, une vidéo, une démonstration ou la réputation d’un partenaire. Elle peut également être nourrie par un fantasme, une peur ou un souvenir.
Une personne découvrant le Shibari peut imaginer une expérience lente, méditative et enveloppante.
L’attacheur peut, de son côté, avoir prévu une initiation très pédagogique, comportant de nombreuses explications et interruptions.
Aucune de ces deux approches n’est mauvaise.
Cependant, elles ne produiront pas la même expérience.
Si les deux personnes ne parlent pas de leurs représentations, elles peuvent croire qu’elles ont accepté la même séance alors qu’elles imaginent deux situations différentes.
Il est donc utile de poser une question ouverte : « Lorsque tu imagines cette séance, qu’est-ce que tu vois ou qu’est-ce que tu espères ressentir ? »
Cette question ne demande pas à l’autre de tout prévoir. Elle permet simplement de comprendre l’univers dans lequel il se projette.
Les attentes exprimées
Une attente exprimée peut être discutée.
Elle peut être acceptée, reformulée, adaptée ou refusée.
Une personne peut dire : « J’aimerais que la séance soit assez lente. »
Cette formulation ouvre un dialogue. Que signifie « assez lente » ? Souhaite-t-elle davantage de pauses ? Moins de changements de position ? Des gestes plus posés ? Une ambiance silencieuse ?
L’objectif n’est pas de transformer chaque mot en interrogatoire. Il s’agit de clarifier les éléments qui peuvent modifier profondément l’expérience.
L’attacheur doit également pouvoir exprimer ses propres attentes et ses limites : « J’ai envie de te proposer une séance au sol. Je ne souhaite pas travailler la suspension aujourd’hui.
»
« Je peux créer quelque chose d’intense dans la sensation, mais je veux rester dans des techniques que je maîtrise. »
« J’aimerais garder une certaine liberté créative, tout en vérifiant régulièrement comment tu te sens. »
La négociation ne concerne pas seulement la personne attachée. Une séance est un accord entre des personnes qui possèdent chacune leurs limites et leurs responsabilités.
Les attentes implicites
Une attente implicite est une attente que nous n’avons pas clairement exprimée, parfois parce qu’elle nous paraît évidente.
Nous pouvons penser :
- qu’un partenaire expérimenté saura automatiquement ce dont nous avons besoin ;
- qu’une personne qui accepte d’être attachée acceptera également d’être photographiée ;
- qu’un silence signifie que tout va bien ;
- qu’une séance avec son partenaire habituel suivra les mêmes règles que la précédente ;
- qu’une personne qui a apprécié une pratique une première fois l’appréciera de nouveau ;
- que l’autre comprendra spontanément notre désir de proximité après la séance.
Ces attentes sont fragiles parce qu’elles reposent sur la capacité supposée de l’autre à nous comprendre sans que nous ayons à parler.
Lorsqu’elles ne sont pas satisfaites, nous pouvons ressentir de la déception ou de l’incompréhension : « Il aurait dû savoir. »
« Je pensais que c’était évident. »
« Nous avons déjà pratiqué ensemble. »
Mais une relation, même ancienne, ne permet jamais de tout savoir. Une personne évolue. Son corps, son état émotionnel, ses envies et ses limites peuvent changer.
Ce qui était juste hier ne l’est pas nécessairement aujourd’hui.
Le risque de supposer à la place de l’autre
Supposer permet d’aller vite.
Questionner demande du temps et nous confronte parfois à une réponse différente de celle que nous espérions.
Nous pouvons également croire que notre expérience nous donne la capacité de lire l’autre avec précision. Plus nous pratiquons, plus nous reconnaissons certains signes. Cette connaissance est utile, mais elle peut produire un excès de confiance.
Observer un changement ne signifie pas connaître sa cause.
Une respiration plus rapide peut traduire un effort, de l’excitation, une inquiétude ou un changement de position. Une personne très silencieuse peut être profondément concentrée, détendue, impressionnée ou incapable d’exprimer facilement son inconfort.
Plutôt que d’affirmer : « Tu es tendu. »
Il est souvent préférable de dire : « Je remarque que ta respiration a changé. Comment te sens-tu ? »
La première phrase impose une interprétation.
La seconde partage une observation et laisse à l’autre la possibilité de décrire son expérience.
Cette distinction paraît légère. Elle transforme pourtant la qualité du dialogue.
3. Créer le cadre
Un cadre ne garantit pas qu’aucune difficulté ne surviendra.
Il permet de savoir comment agir lorsque la situation change.
Créer le cadre consiste à réunir les informations nécessaires, à identifier certaines limites et à définir les conditions générales de l’expérience. Ce cadre doit rester suffisamment clair pour protéger les personnes, mais suffisamment souple pour s’adapter à ce qui se passe réellement.
L’état physique et émotionnel
Nous n’arrivons jamais à une séance dans un état neutre.
La fatigue, le stress, le manque de sommeil, une douleur, un conflit récent, une consommation de substance ou une émotion importante peuvent influencer notre perception, notre capacité à communiquer et notre tolérance physique.
Avant de pratiquer, il est utile de demander : « Comment te sens-tu physiquement aujourd’hui ? »
« Y a-t-il une douleur, une blessure ou une zone particulièrement sensible ? »
« Comment te sens-tu émotionnellement ? »
Ces questions ne demandent pas à la personne de révéler toute son intimité. Elle reste libre de ne pas raconter l’origine de son état. L’information pertinente peut être simplement : « Je suis fatigué et moins disponible que d’habitude. »
« Je traverse une journée difficile. J’ai besoin d’une séance très simple. »
« J’ai une douleur à l’épaule. Je ne souhaite aucune contrainte dans cette zone. »
L’attacheur doit effectuer la même vérification pour lui-même. Son état physique et émotionnel influence également sa capacité de décision, sa précision et sa disponibilité.
Savoir reporter ou annuler une séance fait partie de la pratique.
L’expérience et les connaissances de chacun
Connaître le niveau d’expérience de son partenaire permet d’adapter la communication.
Une personne débutante ne possède pas nécessairement les mots pour décrire une sensation ou identifier un problème. Elle peut également penser qu’elle doit supporter un inconfort pour réussir son initiation.
Une personne expérimentée peut mieux connaître ses réactions, mais son expérience ne supprime ni les risques ni la nécessité de communiquer.
Quelques questions peuvent être utiles :
- As-tu déjà été attaché ou attachée ?
- Qu’as-tu apprécié ou moins apprécié ?
- Connais-tu certaines réactions de ton corps ?
- Sais-tu comment tu préfères signaler un problème ?
- As-tu déjà vécu une difficulté pendant ou après une séance ?
L’objectif n’est pas de vérifier si la personne mérite d’accéder à une pratique. Il s’agit de recueillir les informations qui permettront d’adapter la séance.
L’environnement de la séance
Le cadre matériel influence directement la qualité de l’expérience.
L’espace doit être adapté à ce qui est prévu : suffisamment dégagé, éclairé et accessible. La température doit être prise en compte, particulièrement lorsqu’une personne reste immobile ou peu vêtue. Les objets dangereux, instables ou susceptibles de gêner une descente doivent être éloignés.
La confidentialité fait également partie de l’environnement.
Qui peut entrer dans la pièce ? La séance est-elle privée ou publique ? Des photographies serontelles prises ? Si oui, par qui, dans quel but et avec quelles règles de conservation ou de diffusion ?
Accepter une séance ne signifie jamais accepter automatiquement d’être photographié ou filmé. Ces consentements doivent être distingués.
Le matériel et la sécurité
Le matériel doit être choisi et vérifié en fonction de la pratique envisagée.
Les cordes doivent être dans un état compatible avec leur utilisation. Les accessoires, points d’ancrage et éléments de connexion doivent être adaptés, correctement installés et maîtrisés. Un moyen de libération rapide doit rester immédiatement accessible.
Cependant, la présence de matériel de sécurité ne remplace ni la formation ni le jugement.
Une paire de ciseaux ne rend pas une technique sûre. Un point d’ancrage solide ne compense pas une technique de Shibari mal maîtrisée. Une liste de vérification ne dispense pas de rester attentif à la personne.
Ce livre étant centré sur la relation et la communication, il ne constitue pas un manuel technique de sécurité. Les suspensions et les transitions demandent une formation pratique adaptée, ainsi qu’une compréhension précise des risques.
Reconnaître que tu ne maîtrise pas une technique est une compétence.
Choisir de ne pas l’utiliser est une décision responsable.
Le droit d’arrêter ou de modifier l’expérience
Une séance ne constitue pas un contrat d’exécution.
Même si les deux personnes ont défini une intention et un objectif, chacune doit pouvoir demander une modification ou un arrêt. Cette possibilité ne doit pas seulement exister en théorie. Elle doit être véritablement accessible.
Dire « tu peux arrêter quand tu veux » n’est pas toujours suffisant. Certaines personnes ont du mal à interrompre une situation, notamment lorsqu’elles craignent de décevoir, de paraître faibles ou de gâcher la séance.
Il est utile de rendre ce droit concret : « Si tu souhaites ralentir, modifier une position ou arrêter, dis-le-moi dès que tu en ressens le besoin.
Ce ne sera ni un échec ni une déception. »
L’attacheur possède également ce droit. Il peut interrompre une séance s’il ne se sent plus capable de la conduire, si une situation lui paraît incertaine ou si son propre état change.
Modifier l’expérience ne signifie pas que la rencontre a échoué.
Cela signifie que les personnes restent plus importantes que le programme.
4. Les questions essentielles
Une conversation préalable n’a pas besoin de ressembler à un questionnaire administratif.
Elle peut être naturelle, chaleureuse et adaptée au contexte. Certaines questions restent néanmoins particulièrement utiles pour ouvrir le dialogue.
« Que souhaites-tu vivre ? »
Cette question oriente la conversation vers l’expérience plutôt que vers la seule figure technique.
La personne peut répondre par une sensation, une émotion, une dynamique ou un besoin : « J’aimerais ralentir. »
« Je veux ressentir quelque chose d’assez enveloppant. »
« J’ai envie d’être guidé sans savoir exactement ce qui va arriver. »
« Je souhaite travailler une figure de Shibari précise. »
« Je veux simplement découvrir. »
La réponse peut être imprécise. Elle constitue néanmoins un point de départ.
Il est possible de poursuivre : « Qu’est-ce qui te ferait reconnaître que cette expérience te convient ? »
Cette question aide à transformer une intention abstraite en éléments plus observables.
« Que ne souhaites-tu pas vivre ? »
Parler des désirs sans parler des refus crée un cadre incomplet.
Cette question permet d’aborder les limites physiques, émotionnelles, relationnelles ou sexuelles.
Elle peut concerner une position, une partie du corps, une intensité, un type de contact, un mot, une dynamique ou la présence d’autres personnes.
Une personne peut également répondre : « Je ne sais pas encore. »
Cette incertitude doit être accueillie avec prudence. Elle ne signifie pas que tout devient possible.
Elle invite au contraire à avancer progressivement et à vérifier davantage.
Une limite n’a pas besoin d’être justifiée pour être respectée.
La personne n’est pas obligée de raconter l’histoire qui se trouve derrière son refus. « Je ne souhaite pas cela » constitue une information suffisante.
« De quoi as-tu besoin pour te sentir suffisamment en confiance ? »
La confiance absolue n’existe pas.
Une pratique comporte toujours une part d’incertitude. La question n’est donc pas de savoir comment supprimer tout doute, mais de comprendre ce qui permet à la personne de se sentir suffisamment en sécurité pour participer librement.
Elle peut avoir besoin :
- de connaître le déroulement général ;
- de voir le matériel ;
- d’être informée avant chaque nouvelle étape ;
- de commencer très progressivement ;
- de conserver les mains libres ;
- de communiquer fréquemment ;
- de pratiquer dans un espace privé ;
- de pouvoir interrompre immédiatement la séance ;
- de savoir ce qui se passera après.
L’attacheur peut aussi exprimer ses propres besoins : « Pour conduire cette séance correctement, j’ai besoin que tu m’informes rapidement de tout engourdissement ou changement inhabituel. »
« J’ai besoin que nous restions sur des techniques que je maîtrise. »
La confiance se construit lorsque chacun peut formuler ses besoins sans que ceux-ci soient immédiatement jugés.
« Comment souhaites-tu communiquer pendant la séance ? »
Toutes les personnes ne communiquent pas de la même manière lorsqu’elles sont attachées.
Certaines aiment parler régulièrement. D’autres préfèrent rester silencieuses et répondre à des questions simples. Certaines parviennent facilement à signaler un problème. D’autres ont besoin d’un cadre plus explicite.
Il peut être utile de définir plusieurs niveaux de communication :
- une demande de vérification ;
- une demande de ralentissement ;
- une demande de modification ;
- une demande d’arrêt immédiat.
Les mots choisis doivent être simples, compris par les deux personnes et faciles à utiliser pendant l’expérience.
Mais aucun code ne remplace l’attention.
Une personne peut devenir moins capable de parler clairement sous l’effet de l’émotion, de la fatigue ou de la position. L’attacheur doit continuer à observer, questionner et ajuster. Il ne doit pas considérer l’absence d’un mot d’arrêt comme la preuve que tout va bien.
La communication est une responsabilité partagée, mais cette responsabilité n’efface pas l’asymétrie créée par la situation. La personne qui attache contrôle directement les cordes et doit rester disponible pour intervenir.
Exercice — Écrire son intention en une phrase
Avant ta prochaine séance, prends quelques minutes pour répondre séparément à ces cinq questions :
- Pourquoi ai-je envie de pratiquer aujourd’hui ?
- Qu’est-ce que j’aimerais vivre ou faire vivre ?
- Quel est mon éventuel objectif technique ?
- Qu’est-ce que je ne souhaite pas vivre aujourd’hui ?
5. Qu’est-ce qui me permettrait de considérer cette séance comme satisfaisante, même si le
programme change ?
À partir de tes réponses, écris une seule phrase :
Aujourd’hui, mon intention est de…
Par exemple : « Aujourd’hui, mon intention est de ralentir et de créer une expérience attentive, sans rechercher de difficulté technique. »
« Aujourd’hui, mon intention est d’explorer une manière plus claire d’exprimer mes besoins pendant que je reçois les cordes. »
« Aujourd’hui, mon intention est de travailler une transition tout en restant prêt à l’abandonner si elle ne convient plus à mon partenaire. »
Partage ensuite ta phrase avec ton partenaire et écoutez la sienne.
Observe les points communs, mais aussi les différences. Tu n’as pas besoin d’avoir exactement la même intention. Tu dois simplement vérifier qu’elles peuvent coexister dans la même séance.
Enfin, à la fin de la pratique, revenez à ta phrase :
- Mon intention est-elle restée la même ?
- Ai-je réussi à la communiquer ?
- Mes gestes sont-ils restés cohérents avec elle ?
- Ai-je su l’adapter lorsque la situation a changé ?
- Qu’est-ce que cette expérience m’apprend pour la prochaine fois ?
Une intention n’est pas une promesse de résultat.
C’est une direction choisie ensemble avant de poser la première corde.
Et toi, qu’est-ce que les cordes t’ont appris ?
Découvre le livre complet et poursuis cette réflexion sur la relation, la confiance et la présence.
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